Sans reflet

Il y quatre jours, j’ai lancé sur Instagram l’expérience #sansreflet sur un coup de tête. Comme un besoin de vivre quelque chose de différent. Je proposais alors de ne plus se regarder dans le miroir, d’éviter les reflets des écrans, des vitres pendant trois jours. Pour pouvoir oublier l’image que l’on a de soi, généralement faussée par notre mental et notre jugement. Mais aussi pour pouvoir se reconnecter à nous-mêmes, à notre corps, comme la Femme Sauvage qui sommeille en nous. Puisqu’un témoignage vaut parfois mieux qu’un article, je vous invite à découvrir mon expérience personnelle.

Lune (gris)

Honnêtement, je n’aurais pas pu tenter une telle expérience il y a quelques années. Mon rapport à l’image était encore bien plus terrible qu’aujourd’hui et je me jugeais durement, tellement de fois dans une journée que mes propres mots me pesaient sur les épaules. Ayant vécu du harcèlement scolaire et reçu des moqueries au sujet de mon apparence, moi qui n’avais déjà pas beaucoup confiance en moi, je suis descendu au plus bas. Et je leur donnais raison.

En quittant le lycée, j’ai entrepris un long chemin pour retrouver une confiance perdue, inexistante. Cela fait bientôt huit ans et cette expérience m’a montré que j’avais encore un grand chemin à faire, malgré toute mon évolution. Même si j’avais réussi à m’accepter au naturel, il m’arrivait de me faire honte, de ne pas m’aimer telle que je suis. Dans mes bons moments, j’étais fière d’être celle que j’étais, rien ne pouvait m’arrêter. Mais quand le moral n’était pas là, je m’accablais de jugements. Comme si je n’étais jamais suffisante. Parfois même, je me trouvais affreuse.

Cette expérience n’aurait pas été possible il y a quelques années, parce que je me suis rendu compte à quel point je contrôlais mon image. Je pensais devoir toujours me présenter sous mon meilleur jour, comme si je n’avais pas le choix de faire autrement. Parce que je n’avais pas le droit à l’erreur.

Le tout premier jour de cette expérience a fait remonter des tas d’émotions refoulées, des tas de blessures de toutes les filles que j’ai été et qui ont souffert de cette peur du jugement, de cette absence de confiance. J’avais l’impression de me prendre des murs dans le visage, mais même si c’était douloureux, je savais qu’il me fallait en passer par là pour guérir. Je vivais mal le fait d’avoir tant de réflexes, à vouloir me regarder dans le miroir. Je ne pensais pas que j’en avais tant l’habitude. C’est alors comme si je me rendais compte de ce que je m’infligeais tous les jours. Cela ne durait pas plus de quelques secondes, mais c’était toujours pour vérifier, pour contrôler, pour s’arranger. Et c’était trop, ça m’étouffait sans même que je le voie.

Mais à côté de cela, je vivais mal aussi le fait de vous proposer une telle expérience, même de vous la partager. Je redevenais cette jeune fille de seize ans qui faisait de son mieux et qui ne voulait pas être rejetée, moquée. Et ça aussi, si ça a été dur, je devais passer au travers. Car ces émotions ne m’appartenaient plus.

Le deuxième jour fut bien plus léger, car j’avais fini par me détendre la veille au soir. À poser ce qui me dérangeait, à respirer après avoir vécu l’émotion qui souhaitait me transmettre un message. Celui que je n’avais pas à me faire du mal comme ça. Que je méritais autre chose et que je pouvais profiter pleinement de ces jours sans image. Et l’univers a bien fait les choses, m’accompagnant à travers cette expérience à travers des mots, des synchronicités, des gens ou des histoires sur mon chemin pour mieux guérir, pour comprendre ce que je traversais. Je me suis couchée avec le sourire aux lèvres, goûtant une légèreté que je n’avais encore jamais connue. Parce que le poids de mon image avait disparu. Mon image n’avait plus d’importance.

Lors du troisième et dernier jour, en faisant une séance de yoga, je me suis rendu compte que je venais de m’offrir la même sensation au quotidien. Une connexion à mon corps. Vraie, entière et incroyable. Je ne vivais plus dans l’idée de ce que je renvoyais aux autres, j’étais tout simplement moi-même. Le reste n’avait plus d’importance. Et alors que la journée touchait à sa fin, j’ai senti une énergie merveilleuse me traverser. Je pouvais me redécouvrir dans le miroir, sans peur, sans jugement. Parce que je savais qui j’étais réellement et que ce que je pouvais voir dans le miroir ne représentait pas toute l’étendue de ce que j’étais à l’intérieur. Ce qui comptait, c’était comment je me sentais intérieurement. En tant qu’âme qui réside dans un corps, et non pas en tant que corps qui abrite une âme. Le premier regard fut accompagné d’un sourire, le suivant de larmes de joie. Parce que je n’avais jamais été aussi détachée de mon image et jamais aussi connectée à mon corps.

Je suis profondément transformée, parce que je mérite de m’aimer telle que je suis. Je mérite d’être fière d’être moi-même, de sourire sans en avoir honte. Ou de pleurer sans me cacher. Car j’ai remarqué à quel point je pouvais me cacher de ces émotions en contrôlant mon image. Je me suis rendu compte que je passais d’habitude devant le miroir pour vérifier si cela se voyait. Chose qui m’a terrifié sur l’instant, parce que je me cachais aux autres plus encore que je ne le croyais. Et lors du troisième jour, ayant massivement pleuré à cause d’une série (ce qui devait sûrement se voir !) j’ai tout simplement lâcher-prise et accepté ce qui viendrait. Cela n’avait plus de poids, plus d’importance.

Je n’aurais certainement pas imaginé qu’une telle expérience puisse m’apporter autant. Me faire comprendre que je m’en demandais trop, tout le temps. Que je ne vivais pas dans mon corps, mais toujours hors de moi, à fleur de peau, dans les pensées des autres et dans l’image que je pensais renvoyer. Mais aujourd’hui je suis animée par une force aimante d’un besoin d’Être, tout simplement. D’être telle que je suis, de ne plus me cacher. De vivre pleinement. Et, après avoir vécu des années sous le regard des autres, je peux me libérer. Enfin.

Je peux clairement dire, huit ans plus tard, que j’ai trouvé plus que ce que j’avais perdu. Et tout ce long chemin difficile enrichissant m’a mené là où je devais être. M’a mené directement à cette expérience qui m’a enfin fait comprendre que j’étais humaine.

Et qu’il n’y avait rien de plus beau.

Caroline


Photo : Prabuddha Sharma sur Unsplash

Des choix en chemin

Parfois les choix qui s’offrent à nous ne sont ni bons ni mauvais. C’est bien pour cela que c’est difficile de choisir. Nous ne savons pas à l’avance si ce sera une erreur, si nous le regretterons plus tard ou encore si l’autre chemin n’aurait pas été mieux pour nous finalement. Ce que la vie essaye de m’enseigner depuis quelques temps, c’est qu’il n’y a pas de mauvais chemins. Que j’emprunte une route ou l’autre, il y aura toujours de bons moments et des expériences qui me permettront d’évoluer. Il suffit de comparer et de voir ce que ces chemins peuvent nous apporter. Chacun vient avec des cadeaux, des leçons de vie et des grands moments de transformation.

Pendant longtemps, je ne comprenais pas certains de mes choix, parce qu’à la fois, je voyais qu’ils n’étaient pas mauvais et que d’une certaine façon, j’étais toujours consciente et à l’écoute de moi-même, mais il manquait une petite information pour pouvoir décider autre chose : sortir de sa zone de confort.

On pense souvent que la zone de confort n’est pas si confortable que cela. Ça arrive, selon les situations. C’est une chose à laquelle nous sommes habituées et aller vers l’inconnu semble plus terrifiant alors. Mais bien souvent, la zone de confort est tout simplement confortable. On y apprend toujours, car la vie et l’univers, où que nous soyons, ne nous laisseront jamais tomber et nous aideront à évoluer peu importe où nous en sommes. Et bien des fois, l’un de nos choix nous demande d’aller vers l’inconnu tandis que l’autre nous dit de rester dans notre zone de confort. Rester ne sera pas un mauvais choix. Rester ne nous empêchera pas d’en apprendre plus sur nous. Mais vous voulez savoir ce qui est bien, avec l’autre chemin ? C’est que vous allez vivre une nouvelle expérience.

Nous nous sommes incarnées pour vivre de multiples expériences et oui, rester dans notre zone de confort ne nous enlèvera rien. Nous pouvons toujours être heureuses là où nous en sommes, nous épanouir et même évoluer petit à petit avec les situations qui frapperont à notre porte. Mais sur l’autre chemin, nous avons la chance d’expérimenter autre chose. C’est un peu comme si nous nous disions : « Ok, j’ai expérimenté cette situation pendant des mois/années et cela est devenu une habitude. Aujourd’hui, je peux peut-être essayer autre chose ? »

Si nous pouvions voir nos choix comme de simples expériences et pas comme des décisions qui vont bouleversées nos vies, nous ne réfléchirions pas autant, nous n’aurions pas si peur de faire ces choix. Parce que tant que nous nous accrochons à l’idée qu’un chemin est meilleur qu’un autre, alors nous nous privons de l’essence même de la vie qui est d’expérimenter et de nous transformer à travers toutes les situations. Cela ne veut pas dire que certaines situations ne sont pas mauvaises pour nous et qu’il est important d’être à l’écoute et de nous sortir de là. Cela veut dire que quoi qu’il arrive, nous aurons toujours rendez-vous avec nous-mêmes, avec notre MOI intérieur. Quoi qu’il arrive, nous nous rencontrerons à nouveau en chemin, car si nous restons conscientes de notre besoin d’évoluer, alors nous serons attentives à toutes les opportunités que l’Univers nous présentera. L’Univers ne nous privera pas de notre croissance parce qu’on a choisi un chemin plutôt qu’un autre.

Logo Lune - Bleu - Transparent

Parfois, l’idée même de sortir de notre zone de confort est plus dure et nous ne pouvons faire autrement que de prolonger un peu plus une situation, alors que notre cœur nous appelle autre part. Et vous voulez savoir, autre chose ? Ce n’est pas plus grave non plus. Parce que la vie est en nous et que même lorsque nous avons l’impression de stagner, nous pouvons évoluer. Pendant des années, je suis restée dans ma zone de confort, car la réalité de l’inconnu me terrifiait beaucoup trop. Mais cela ne m’a jamais empêché de grandir, d’apprendre et de saisir les opportunités à ma portée pour évoluer. Faire des choix conscients, se demander si oui ou non nous sommes capables d’aller vers l’inconnu, mais aussi reconnaître quand nous avons encore besoin d’expérimenter une situation un peu plus longtemps.

Qu’est-ce qui nous empêche de faire des compromis ? Pour vous donner un exemple, pendant des années c’était plus que difficile pour moi de parler aux autres. Après avoir expérimenté plusieurs déceptions desquelles je n’avais pas encore compris les leçons, je ne savais plus faire confiance aux autres, à ceux que je rencontrais et je n’arrivais pas à parler, à m’exprimer et à oser faire entendre ma voix. Je ne pouvais pas sortir de chez moi à cause d’angoisses. Ma zone de confort inconfortable était ce que j’avais de plus accessible, mais je souhaitais évoluer tout de même. Je souhaitais du plus profond de mon cœur me sortir de cette situation tout en reconnaissant mes limites. Alors, je me suis inscrite sur un forum. J’ai créé un blog. Je suis passée de « terrifiée à l’idée d’écrire un message, voire même un mail » à être complétement à l’aise. Est-ce que je suis sortie de ma zone de confort pour autant ? Un peu, comme un compromis. Juste un peu pour me permettre de grandir tout en n’ignorant pas mes limites. Aujourd’hui, je suis prête à sortir de cette zone, parce que toutes ces petites étapes m’ont apporté du courage, m’ont permis d’apprendre à être fière de mes mini victoires. Et ce qui autrefois me semblait impossible m’est aujourd’hui bien plus facile. Ne me fait plus peur.

Alors, qu’en est-il de vous ? Quel choix avez-vous à faire aujourd’hui ? Tout ce que je peux vous dire, c’est que peu importe les choix que vous ferez, ils seront une chance. Que vous décidiez entre deux bons chemins de quitter votre zone de confort, que vous choisissiez d’y rester ou bien que vous souhaitiez faire des compromis, n’oubliez jamais que peu importe où vous vous trouvez, vous aurez rendez-vous avec vous-mêmes. Que la vie vous donnera toujours des chances d’évoluer et de devenir une meilleure version de vous-mêmes en abondance. Que l’Univers saura vous guider à travers les épreuves que vous aurez choisies.

Mais n’oubliez jamais que peu importe vos choix, peu importe les chemins que vous entreprenez, vous pouvez choisir de vous aimer quoi qu’il arrive. D’être votre soutien, de vous comprendre si c’est trop difficile et de vous féliciter pour tout ce que vous avez déjà accompli. Et d’être heureuses d’avoir assez évolué quand vous sentez que vous pouvez sortir de votre zone de confort, d’en être fières également.

La vie est à votre service, elle découle de vous à chaque respiration. Alors ne soyez pas si dures envers vous-mêmes lorsque vous avez un choix à faire, parce que, peu importe votre décision, vous savez que vous serez assez conscientes pour accueillir les enseignements sur votre route. Vous êtes venues vous incarner pour cela.

Soyez à l’écoute de votre âme qui ne souhaite qu’une chose : grandir — et vous verrez que chaque chemin aura désormais ses propres couleurs et sa propre lumière.

Caroline


Photo : Holly Mandarich sur Unsplash