Alimentation Consciente

Lorsque l’on sait que notre ventre est notre deuxième cerveau, cela nous amène à penser et à voir notre alimentation autrement. Que ce soit au travers de nos habitudes, de notre éducation alimentaire et des traditions de notre pays, nous sommes entourées de barrières nous bloquant de nos réels besoins. Mais comme nous surveillons parfois la nourriture que l’on donne à notre esprit (pensées positives, négatives, ressassement du passé…), il existe pour la nourriture du corps une façon consciente de l’accueillir.

Notre vision de la nourriture dépend de nombreux facteurs, mais selon nos expériences, la nourriture peut être considérée comme un plaisir, une addiction, le reflet de nos peurs ou encore un réel déplaisir, voire une corvée. Renouer avec la nourriture de façon saine et consciente nous permet à la fois de prendre soin de notre corps — puisque nous lui apportons la meilleure des façons de s’alimenter et donc la meilleure façon de s’épanouir et d’utiliser l’énergie qu’il offre et requiert — mais également de nous considérer autrement.

Voyez les choses ainsi, si vous vous offrez consciemment le meilleur, c’est que vous croyez en votre valeur. « Puisque, même à mon échelle, j’ai une valeur, je mérite le meilleur. » Les troubles alimentaires sont alors l’autre versant : « Puisque je ne suis pas assez bien, mon corps n’a pas de valeur et soit je n’en prends pas assez soin, soit il devient la propriété des autres et d’une image collective malsaine. »

Autant le dire tout de suite, peu importe qui vous êtes derrière votre écran, vous méritez la meilleure alimentation au monde. Parce que votre corps est là et fait de son mieux pour vous soutenir, parce qu’il est le véhicule qui vous permet d’avancer et de matérialiser vos idées et votre vie. Votre corps a autant de valeur que ce qui il y a à l’intérieur de vous. Et si pour le moment, vous ne le voyez pas encore, acceptez où vous en êtes.

« D’accord, je ne suis pas encore prête à tout changer.
Mais peut-être qu’un petit pas serait possible ? »

Avant de vous partager les trois catégories qui nous permettront ensemble de nous éveiller à une alimentation plus consciente, je souhaitais vous dire une chose : ne vous mettez pas à culpabiliser de ne pas faire assez. Ce n’est pas parce qu’une chose est saine, et qu’il vous ait pour le moment impossible de l’appliquer, que vous êtes nulle et que vous ne valez rien. L’Alimentation consciente est un moyen de s’offrir le meilleur. Mais en vérité, si vous êtes déjà consciente de votre propre façon de vous alimenter, et que vous ne vous le cachez pas à vous-mêmes, alors vous avez déjà la moitié du chemin de fait !

 

« Quand vous vous inclinez, vous devriez juste vous incliner ; quand vous êtes assis, vous devriez simplement vous asseoir ; quand tu manges, tu devrais juste manger. »

Shunryu Suzuki

 


Qualité

Même si l’on n’est pas éveillé à l’Alimentation consciente, difficile de passer à côté du mouvement croissant concernant la qualité de la nourriture. Aujourd’hui, nous cherchons à décoder au mieux les étiquettes pour mieux comprendre ce que l’on mange. Loin de devenir parano ou de s’empêcher de manger tout un tas de choses, choisir de manger plus sainement une majorité de jours dans la semaine permet de faire déjà un gros changement.

Que vous passiez à une alimentation BIO, à la fois écoresponsable et surtout qui vous préserve des pesticides et des OGM, ou bien que vous choisissiez une alimentation végétale, pour le bien-être de votre corps et celui des animaux, les possibilités sont nombreuses et à votre portée. Étant végane moi-même, je souhaiterais tout de même vous dire une chose : allez vers l’alimentation qui vous parle. Vers l’alimentation qui, pour vous, a le plus de sens. Suivre coûte que coûte un mouvement parce qu’on se sent coupable ou parce qu’on se dit « ils ont peut-être raison » ne vous permet pas plus de manger en conscience.

Par exemple, pour une alimentation végane, votre choix peut aider la planète et les animaux, mais si vous le faite plus par dépit que par conviction, quelle nourriture donnez-vous réellement à votre corps à cet instant ? Si sur l’étiquette il y a écrit qualité, cela ne veut pas dire qu’à travers votre perception cela aura un bon impact. Autrement dit, si vous ne croyez pas en ce que vous mangez, ça ne fera pas plus grand-chose !

J’ai bien trop vu des personnes devenir végétariennes parce que c’était comme ça, sans y avoir vraiment réfléchi. Tout cela pour revenir à une alimentation omnivore par la suite parce qu’elle ne leur correspondait pas. Je sais que le véganisme a une toute autre portée que la seule qualité alimentaire, mais le sujet de cet article concerne bien uniquement la nourriture que vous vous donnez à vous-mêmes. Donc je ne parle clairement pas de l’impact que cela a sur la planète ni sur les animaux. Je suis bien consciente de ce qu’un choix d’alimentation omnivore engendre, mais pour qu’une personne s’engage dans ce mouvement, il faut bien plus que des informations. Il faut un élan du cœur qui lui permettra de se sentir en alignement avec elle-même.

Lorsque vous vous sentez alignées avec vos besoins et vos désirs, vous êtes dans l’Alimentation consciente. Ces besoins peuvent être différents de votre voisin, de votre partenaire, mais tant que vous restez conscientes et éveillées (et surtout ouvertes aux possibilités !) alors vous vous nourrissez déjà de façon plus saine.

Je vous liste ci-dessous quelques pistes de réflexion. Cherchez et trouvez ce qui trouve un écho en vous. Je pense toujours que c’est en se renseignant par soi-même que l’on découvre ce qui compte pour nous, donc je ne peux pas choisir à votre place ce qui sera le mieux pour votre corps.

Écoutez-vous, suivez votre intuition et découvrez comment vous pouvez améliorer la qualité de votre nourriture, selon vos propres besoins.

BIO / LOCAL / VÉGANISME / PALÉO / CRUDIVORISME
AYURVEDA / SANS GLUTEN / SANS SUCRE / JEÛNES

Quantité

La quantité est un des aspects de l’alimentation qui m’a parfois posé problème. À trop vouloir me remplir, je finissais par avoir mal au ventre. Que ce soit par trop grande gourmandise ou par peur d’avoir faim, je me trouvais toujours à me resservir, alors qu’en vérité je n’avais plus faim.

La satiété est un élément que l’on prend bien trop peu en compte. On mange avec les yeux, on remplit une assiette parfois trop grande, alors qu’un petit bol ferait l’affaire. La première fois que j’ai réellement compris ma dépendance à la « quantité », je venais d’apprendre que notre estomac n’était généralement pas plus gros que ce qui pouvait tenir dans nos mains. J’ai alors joint mes mains en coupe et j’ai eu un choc en découvrant à quel point, naturellement, il serait petit. Je mangeais le double de ce dont j’avais réellement besoin.

La nourriture étant bien souvent liée à notre émotionnel et nos expériences, notre besoin de nous remplir peut dépendre du passé et de ce que l’on a vécu. Mais bien souvent, l’Alimentation consciente nous permet de pointer du doigt des comportements actuels, dont on ne remarquait pas l’existence. En me regardant faire, je remarquais que je ne commençais à « apprécier mon repas » qu’une fois resservi, comme si la première fois ne comptait pas ! J’ai donc essayé d’être bien plus consciente de ma façon de m’alimenter et de me servir. Je me pose les bonnes questions : « Quelle quantité serait raisonnable pour l’instant ? » ; et une fois l’assiette terminée « Est-ce que j’ai réellement besoin de me resservir ou bien est-ce que c’est suffisant ? » En essayant, bien entendu, tant bien que mal de résister à la petite gourmande en moi qui en voudrait encore et encore !

De plus, en sachant que l’information de satiété met environ 20 minutes à s’envoyer à notre cerveau, on comprend que, parfois, la sensation de « plus faim » n’est pas encore là alors qu’en réalité notre estomac, lui, est suffisamment plein !


Rythme

On peut couper cette catégorie en deux parties, puisque le rythme concerne bien deux façons de s’alimenter.

Rythme de la journée : Autant le dire tout de suite, c’est probablement mon plus gros problème et ce qui m’empêche le plus de manger consciemment et d’être à l’écoute de mon corps. Vous voyez les horaires des repas ? Réglés par le boulot, l’école, les activités… Il n’y a rien de pire que des horaires. Je me cache encore la vérité en me disant que j’ai réellement faim à ces heures-là (et ça m’arrive, la plupart du temps), mais certaines fois je n’écoute pas du tout mon corps et mange alors qu’il n’en a pas besoin. J’ai été élevée depuis toute petite à faire un goûter, à manger à midi pile et à 19h. C’est certain que ça me pose problème quand je mange à l’extérieur, puisque les horaires de repas ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Mais, chez moi, dans mon coin, pourquoi est-ce que je ne m’écoute pas vraiment ?

Il y a déjà cet aspect familial, ce partage que l’on fait soi-disant en mangeant. Mais finalement qu’est-ce qu’on partage sinon peut-être le réel appétit d’une personne sur deux ? Déjà, nous mangeons tous la même chose, alors que nous n’avons pas tous les mêmes besoins, en plus on ne s’écoute pas, on culpabilise à coup de « finis ton assiette » et avec ceci, on n’écoute pas notre rythme intérieur !

Une chose est simple, nos appareils digestifs sont différents. Nous ne consommons pas la même énergie, nous n’avons pas la même activité, nous n’avons pas le même sommeil et encore moins la même corpulence. Donc, notre rythme n’est pas le même. Il peut être proche, mais définitivement pas équivalent.

Dans ce cas, et puisque le cadre de la vie n’est pas toujours malléable, essayez déjà de penser en terme de minutes. « J’ai une heure pour manger, mais est-ce que je peux déjà m’écoutez d’une minute à l’autre ? » Ou même tout simplement, envoyez une information consciente à votre estomac comme quoi : « Ça va être le moment de manger. »

Oui, il existe un fonctionnement idéal, mais tant que vous restez conscientes de votre propre fonctionnement, que vous l’améliorez un peu et que vous vous accompagnez petit à petit, c’est déjà gagné !

Rythme de mastication : Encore une fois, voilà un joli rythme qu’il nous ait difficile de respecter. Combien de fois notre repas a été avalé avant que nous ayons le temps de respirer ? Oui, je vais un peu fort sur l’exemple, mais même si le repas dure 10 minutes, c’est déjà trop peu. Comme je le disais plus haut, sachant qu’en moyenne, nous mettons 20 minutes à être conscient de notre satiété, plus on mâche et plus nous donnons une chance à notre corps de nous dire « stop ».

Cela reste très difficile pour moi de mâcher doucement, mais en même temps, je me rends compte que la mastication et mon besoin de me resservir pour apprécier la deuxième fournée sont liés. Lorsque je mange trop vite, je n’ai pas du tout le temps d’apprécier ce que je viens d’avaler. Alors, je me ressers pour être plus attentive aux goûts. Mais ne pouvons-nous pas être conscientes dès le départ ? Apprécier dès le début notre repas et non pas à la quatrième fourchette ?

Cela reste un défi pour moi qui, en plus de manger trop vite, ai tendance à partir rapidement dans mes pensées et ne plus être consciente de ce que je fais. Se nourrir, ce n’est pas seulement un besoin, c’est une nécessité ! Une réelle nécessité de notre corps, une expérience naturelle et commune à tous.

En plus de cela, la mastication envoie des informations sur le contenu de votre repas. Savez-vous que si vous buvez une gorgée de jus d’orange trop rapidement, votre cerveau ne pensera qu’à de l’eau ? Si vous prenez, disons, trois secondes pour garder en conscience votre nourriture dans votre bouche, votre cerveau envoie les informations nécessaires à votre estomac (et autres copains organes) pour accueillir l’aliment et recevoir toutes ses propriétés. Disons, pour la comparaison et pour terminer, que c’est comme si vous receviez quelqu’un chez vous et qu’il vous annonçait à la dernière minute qu’il était allergique au gluten, alors que vous avez préparé un plat de pâtes. Vous saurez peut-être réagir sur le moment, mais si vous aviez été prévenue à l’avance, vous auriez pu l’accueillir convenablement et surtout sans stress !


L’Alimentation consciente n’est rien d’autre que ça, une façon pour nous de nous nourrir sainement et de façon détendue, de profiter de ce réel plaisir de la vie et de pouvoir en plus de cela offrir le meilleur à notre corps. Pour vivre plus longtemps, pour avoir assez d’énergie pour votre famille, pour escalader le mont blanc ou que sais-je, pour être en forme pour tous les merveilleux projets que vous avez en tête ?

Derniers conseils :

Prenez de plus petit contenant. Le visuel joue beaucoup.

Posez votre fourchette entre chaque bouchée (je sais, c’est pénible, mais au moins y penser aide à ralentir !) ou bien prenez le temps de respirer.

Buvez un verre d’eau et attendez quelques minutes avant de vous resservir. Si vous avez encore vraiment faim, alors vous aurez toujours cette sensation, sinon vous n’en aurez plus besoin.

Évitez de terminer par un aliment froid. En été, on adore boire frais et manger une glace à la fin d’un repas, mais on ne peut pas offrir pire traitement à notre estomac. Pour pouvoir digérer, notre estomac chauffe et si on le refroidit, il mettra plus longtemps à se réchauffer, puis à digérer. Autrement dit, ne jetez pas un seau d’eau sur votre feu de cheminée en plein hiver ! C’est pareil. Il faut rallumer le bois, chauffer toute la maison pour être raisonnablement détendue (autrement on est crispée et c’est pire) et puis enfin consumer le bois. Tout ce travail gâché, pensez à votre pauvre petit estomac !

Mangez les fruits avant le repas. Sachant que les fruits se digèrent très vite, si vous les consommez à la fin d’un repas, ils vont vous rester sur l’estomac jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de nourriture. Sauf qu’entre-temps les fruits fermentent et leur sucre se transforme en alcool.

Buvez de l’eau. Oui, c’est pénible parfois, et j’ai l’impression de ne pas aimer l’eau quand je me force, mais on est parfois plus déshydratée qu’on le pense. En plus de nous hydrater, cela permet quand même de maintenir nos organes digestifs en bon état. Tout se rejoint.


Quelques derniers mots pour vous dire de vous écouter, avant tout. L’Alimentation consciente passera toujours par vous-mêmes. La personne la plus intelligente au monde peut bien vous dire qu’il faut manger ci et pas ça, vous seules pouvez savoir quels sont vos réels besoins. Pour cela, il faut d’abord apprendre à s’écouter, avancer petit pas par petit pas, slalomer entre la culpabilité et la pression, pour enfin être en alignement avec soi-même.

Votre corps compte autant que votre âme.
Prenez-en soin !

 


Photo de couverture : Pooja Chaudhary sur Unsplash

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