Les cycles de la vie

Que ce soit notre cycle menstruel, le cycle lunaire, le cycle des saisons, nous sommes entourés par les cycles. J’aimerais vous parler de mon expérience et vous partager comment ma vision de la vie a changé grâce à eux.

Anxieuse depuis pas mal d’années, sujette à des crises d’angoisse, difficile pour moi d’éviter la pression extérieure ou même celle que je me donne à moi-même. Combien de fois ai-je vu les années passer, à me demander où était mon évolution, où était le changement ? J’avais constamment l’impression de reculer, de devoir faire mes preuves, de douter et d’avoir peur de rester coincée au même endroit pour le restant de mes jours.

Malgré mon anxiété, j’ai toujours été de nature optimiste, mais ces deux dernières années, c’était de plus en plus difficile. Je finissais par me demander si j’étais vraiment sur le bon chemin, si je ne faisais pas fausse route en prenant mon temps et suivant mon intuition. Parce qu’en vérité, sur le moment, je ne voyais pas de réelle évolution. Et quand on travaille sur soi tous les jours, s’apercevoir de cette inaction ou plutôt de ce retour à la case départ n’est pas des plus encourageants.

La première prise de conscience fut lorsque j’ai eu la chance de revoir une amie, après de longues années de séparation. Lorsqu’elle m’a tout simplement dit à quel point j’avais évolué, changé, je me suis demandé ce qu’elle pouvait bien voir. Pour moi, ça faisait des années que je tournais en rond, que je faisais face aux mêmes peurs et que, même si j’accomplissais certaines choses, je revenais toujours au même endroit.

Cette révélation m’a demandé de me regarder autrement, d’observer ces dernières années d’un point vue extérieur, détaché de mon émotionnel. Ça a été le premier changement, puisque depuis ce jour-là, j’ai enfin compris que je n’avais jamais vraiment reculé, que je n’en étais pas au même point qu’il y a cinq ans et que oui, j’étais peut-être plus apaisée qu’autrefois. Mais puisque bien souvent les prises de conscience viennent petit à petit, morceau par morceau, je n’avais pas encore toutes les clés en main pour réaliser à quel point la vie était bien faite et comment, simplement avec mon regard, je ne faisais que me voiler la face.

C’est grâce à ma découverte du Féminin Sacré et à la redécouverte de mon cycle menstruel que j’ai posé un pied solide dans les cycles. Cet apprentissage m’a ouvert plus d’une fois les yeux sur la façon dont je me comportais avec moi-même, de la façon dont je voyais la vie, mais même à cet instant, je ne voyais pas encore l’évidence. Il fallait digérer peu à peu ce qui allait me permettre enfin de me libérer de ces années de pression constante et de ce sentiment de culpabilité permanent qui me tenait la jambe.

C’est à travers le symbolisme de la naissance, la mort et la renaissance que j’ai enfin pu comprendre comment la vie était un cadeau bien emballé. Jusqu’ici, jusqu’à mes vingt-trois ans, j’ai toujours observé la vie de façon linéaire. Un début, une fin. Oui, une renaissance en passant dans l’au-delà, mais la vie en tant que telle dans cette incarnation n’avait pas d’autre forme qu’une ligne droite. Et ce que je n’accomplissais pas aujourd’hui ajoutait encore plus de lourdeur à mon passé, puisqu’en regardant en arrière, je ne voyais que le négatif, comme si je ne m’étais pas encore réalisée.

Mais en réalité la vie, ce n’est qu’une succession de cycles et chez la femme cela arrive d’autant plus concrètement chaque mois. « Être bonne » et « être accomplie » dans la vie, ce n’est pas toujours être de bonne humeur, ce n’est pas être au top et ce n’est certainement pas de tenir le même niveau jusqu’à la fin de nos jours ! La vie, ce n’est qu’une succession de renaissances. Il faut accepter de laisser mourir un peu de soi pour se découvrir autrement.

Logo Lune - Bleu - Transparent

En regardant ma vie, en découvrant les cycles qui m’avaient animé jusque-là, ces dernières années prenaient un tout nouveau sens. Parce qu’en réalité, ce n’était pas un retour à la case départ, ce n’était pas « reculer un peu plus », c’était mourir pour renaître. Tous ces moments de doute où je devais lâcher-prise, tous ces moments plus difficiles que les autres étaient là pour me dire de respecter mon rythme et de comprendre que c’était naturel. C’est ainsi que la vie est faite.

Nous n’avons pas à tenir bon, ni à garder un niveau élevé sur tous les plans, parce que c’est faux, parce que ça nous épuise et que ça nous montre une image fausse de la vie. En acceptant nos petites morts, en acceptant de lâcher pour mieux renaître, on suit le mouvement fluide de la vie qui nous permet de l’observer avec un œil neuf.

Et depuis cette prise de conscience, j’accepte mes moments plus sombres, parce que je sais que cela ne vient pas de moi. Je n’ai pas besoin de culpabiliser, parce que je ne suis pas dans l’erreur. Au contraire, j’en suis simplement à la dernière étape de mon cycle avant d’en commencer un nouveau. En étant attentive à mon cycle menstruel, je suis beaucoup plus en phase avec moi-même et ces périodes de « petite mort » ne sont plus une souffrance pour moi, parce que je sais ce que cela signifie.

Tellement poussée à bien faire, tellement effrayée à l’idée de me tromper ou de mal gérer ma vie, je n’avais pas remarqué à quel point elle était faite pour moi, pour nous. Qu’elle était là pour nous aider à digérer nos expériences, à nous faire lâcher-prise pour mieux renaître. Les fin de cycle, qu’il soit menstruel ou non, sont comme les larmes de la tristesse ; ils nous aident à passer à autre chose et ils arrosent nos futures graines.

La vie est un cadeau et maintenant j’ai compris que je ne faisais pas d’erreurs, qu’il n’y avait pas lieu à culpabiliser parce que, pendant une semaine, j’allais moins bien que les autres. Ces moments sont utiles et sont naturels. Nous ne faisons pas fausse route quand nous allons mal. C’est en étant dans l’acceptation de ce moment qu’on peut terminer un cycle en douceur et vivre à nouveau. Ces cycles nous permettent de nous ouvrir un peu plus et de lâcher ce qui nous appartient plus. Ils sont plus qu’importants et si nous acceptons aujourd’hui d’arrêter de culpabiliser quand ça va mal, d’arrêter de se pointer du doigt, de se juger parce qu’on n’est pas à notre « mieux », alors on approche une nouvelle façon de vivre, bien plus saine et bien plus en accord avec notre rythme intérieur.

Écoutez-vous, ne vous jugez pas, laissez votre rythme s’installer et faite confiance en la vie. Elle nous guide plus que nous le voyons vraiment et il est temps de laisser tomber la productivité à tout prix. Nous ne sommes pas faits pour être au top jusqu’à la fin de nos jours, nous devons lâcher prise sur cette croyance, sur ce conditionnement et voir le véritable rythme de notre être qui nous propose sous plus d’une forme nos petites morts et nos grandes renaissances tout au long de notre incarnation.

Plus que jamais, écoutons nos propres cycles, observons-nous, apprenons à nous connaître pour vivre plus sereinement. La vie n’est pas une évaluation de notre âme, mais son évolution. Peu importe comment, peu importe notre allure, offrons-nous la liberté de notre évolution en lâchant prise sur ce qui nous retient. Nous avons le droit d’aller moins bien que les autres, cette petite mort n’est là que pour nous annoncer un nouveau cycle à venir.

Un nouveau cycle où nous pourrons nous réaliser encore une fois.

Caroline


Photo : Timo Vijn sur Unsplash

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s